
Jeanne Calment dans la quarantaine.
La femme qui a vécu plus de 120 ans
Née en 1875 à Arles, au cœur de la Provence, Jeanne Calment est entrée dans l’histoire pour avoir vécu 122 ans et 164 jours, un record mondial toujours inégalé.
Elle a connu deux siècles, deux guerres mondiales, le téléphone, la télévision et Internet — et pourtant, c’est avec un humour malicieux qu’elle résumait sa longévité :
« J’ai toujours gardé le sourire. C’est bon pour la santé. »
Dans la lumière dorée de la Provence, Jeanne a grandi entre les pierres chaudes d’Arles, les marchés parfumés et les oliviers centenaires. Son histoire, à la fois unique et profondément humaine, raconte la vie dans Sud de la France, simple, joyeuse et saine.

Acte de naissance officiel de Jeanne Calment, née à Arles.
Arles, le berceau d’une vie hors du temps
Jeanne Calment est née et a vécu presque toute sa vie à Arles, cette ville provençale célèbre pour son patrimoine romain, ses arènes et sa lumière. À la fin du XIXᵉ siècle, la vie y était tranquille : on se promenait à l’ombre des platanes, on discutait au marché, et on vivait dans l’insouciance et la gaieté.

Arles, charmante ville de Provence où Jeanne a grandi et vécu.
Jeanne a grandi dans cette atmosphère douce et intemporelle. Son père fabriquait des voiles pour bateaux, et sa mère s’occupait du foyer. Elle a connu Van Gogh, venu peindre à Arles en 1888 — elle aimait raconter qu’elle lui avait vendu un jour un crayon dans la boutique familiale.
« Je n’ai pas été impressionnée par lui. Il me faisait un peu peur avec son allure d’illuminé », confiait-elle plus tard avec son humour piquant.

Vincent Van Gogh a vécu à Arles de février 1888 à mai 1889, y peignant plusieurs chefs-d’œuvre qui ont immortalisé la lumière et les paysages de Provence.
Une vie pleine d’humour et de petits plaisirs
Jeanne s’est mariée à 21 ans avec un cousin éloigné, Fernand Calment, un riche marchand de draps. Ils ont vécu confortablement, sans excès, dans une belle maison arlésienne.
Mais ce qui frappe le plus dans la vie de Jeanne, c’est son caractère : une femme gaie, malicieuse, qui riait de tout et ne se laissait jamais abattre.

Fernand Calment (1868‑1942), mari de Jeanne Calment. Image issue de Fandom sous licence CC-BY-SA.
Elle faisait du vélo jusqu’à ses 100 ans, mangeait du chocolat tous les jours, buvait un petit verre de porto et ne se privait pas d’une bonne blague.
« Dieu a oublié de me rappeler », plaisantait-elle à 120 ans.
Ce goût pour la vie, pour les plaisirs simples et l’humour, semble être l’un des ingrédients secrets de sa longévité.
Le fameux viager : une histoire ironique à la provençale
À 90 ans, Jeanne Calment décide de vendre son appartement en viager à un notaire d’Arles, André-François Raffray, âgé alors de 47 ans. L’accord est simple : il paiera une rente mensuelle jusqu’à son décès, et héritera ensuite du logement.
Mais la vie, pleine d’ironie, allait en décider autrement : Raffray décède en 1995, à 77 ans… alors que Jeanne est toujours en vie, âgée de 120 ans !
Sa veuve a continué à lui verser la rente jusqu’à la fin. En tout, le couple a payé plus de deux fois la valeur réelle de l’appartement.
« Dans la vie, on fait parfois de mauvaises affaires », aurait plaisanté Jeanne, avec ce sourire typiquement provençal qui désarme tout.
Cette anecdote, célèbre dans le monde entier, symbolise bien son esprit : lucide, ironique, et infiniment vivant. Si un nonagénaire vous approche en Provence pour vous vendre son bien en viager, réfléchissez-y donc à deux fois !

Le principe du viager : verser une rente mensuelle au propriétaire jusqu’à son décès pour hériter ensuite du bien.
Les secrets de la longévité à la provençale
Alors, comment expliquer une telle longévité ?
Les médecins ont parlé de génétique, bien sûr, mais beaucoup ont aussi évoqué le mode de vie provençal :
- Une alimentation méditerranéenne riche en huile d’olive, fruits et légumes frais.
- Le climat ensoleillé d’Arles, bon pour le moral et la vitamine D.
- Un rythme de vie apaisé, loin du stress des grandes villes.
- Et surtout, une philosophie : profiter sans se presser.
Jeanne aimait dire :
« J’ai eu une seule ride… et je suis assise dessus. »
Une façon amusante de rappeler que le bonheur, en Provence, se cultive avant tout dans l’esprit.

Un rythme de vie apaisé et un climat ensoleillé dans la douceur de la Provence ont sans doute contribué à la longévité exceptionnelle de Jeanne.
Un héritage universel
Jeanne Calment est décédée en 1997, à l’âge de 122 ans et 164 jours.
Sa vie continue d’inspirer le monde entier : des chercheurs, des écrivains, des cinéastes… et tous ceux qui rêvent de comprendre le secret du temps.
Mais au fond, le véritable secret de Jeanne, c’est peut-être celui de sa Provence : vivre lentement, rire souvent, et aimer longtemps.
Dans les ruelles d’Arles, on imagine encore sa silhouette fine, son rire discret et ses yeux pétillants.
Et si la Provence avait vraiment le don de rallonger la vie ?

Illustration générée par intelligence artificielle : évocation artistique de Jeanne Calment enfant à Arles, inspirée par la Provence de son époque.